MusiQue ___________ Blog <3 « Si l'amour embellit les femmes, les femmes, elles, embellissent l'amour. »
___C'était un jour comme les autres. Vous savez, un jour auquel vous ne portez aucune importance. Un jour où vous vous dites "demain sera pareil". Où vous vous levez très tard et trainez toute la journée parce qu'aujourd'hui est un jour comme les autres et qu'en faisant ça vous ne manquerez rien. C'était du moins ce que je pensais. Ce jour là, je m'étais levé à 11 heures et demi, j'étais resté vingt minutes sous la douche, j'avais déjeuné devant bob l'éponge, et je pensais que le lendemain, je pourrais faire pareil, avec cette même putain d'insouciance. Je faisais un tour dans la maison, écoutais silencieusement les cris de désespoir de ma mère en compatissant, sans savoir que bientôt je serais comme elle. Sans savoir que je regretterais toute ma vie d'avoir passer cette journée à ne rien foutre. Je m'étais calé dans le salon, sur un vieux fauteuil en cuir que ma mère avait trouvé dans une broquante, du temps où elle était heureuse. Télécommande en main, je zappais en mâchouillant un chewing-gum à la fraise. Des imbéciles heureux défilais sur mon écran, et j'en avais rien à foutre. Je les trouvais con, et moches, mais je me disais que eux ils gagnaient leur vie et aurait pu acheter à la femme de leur vie une bague à l'image de leur amour, au lieu d'un petit anneau surmonté d'une petite pierre de pacotille, comme moi. Parce que moi, à 18 ans, j'avais la chance de connaitre la femme de ma vie. Brooke Davis. Une petite brune aux regard pétillant, toujours le mot pour rire et qui a su pardonner mes erreurs. Probablement la fille la plus compréhensif, loyal et attentionnée que je connaisse. Une perle.
___Elle était passé chez moi, elle avait l'air préoccupée. Elle fuyait mon regard, me demandant d'aller dans ma chambre, pour être plus au calme. Je comprenais pas, mais je l'ai suivis quand même. C'est là qu'elle a levé les yeux vers moi. Elle m'a dit, très distinctement "Promets-moi de ne plus parler à Peyton". Je l'ai interrogé du regard, elle a répéter tentant de se contenir "Promets-moi de pas lui parler". Je l'ai tirée contre moi, me demandant qu'est-ce que je refuserait de faire pour elle. Je l'ai embrassé sur le front, puis je lui ai chuchoté "Je te le promets, le temps qu'il faudra pour que vous vous retrouviez". Elle m'a embrassé, s'est excusé puis est partie. Et moi, planté au milieu de ma chambre, je me suis dis que j'étais l'homme le plus heureux du monde. Quel con.
___Je ne me souviens plus vraiment ce que j'ai fais après.. surement des allé retour frigo/canapé, toujours sur mon petite nuage qui n'attendais que de m'exploser à la gueule. Et puis là, il y a eu les ambulances. Et la police. Je sais plus. J'ai pas compris tout de suite. Je les ai juste entendu. Vous savez, dans ces moments là, on relève pas. On peut jamais se dire "Et si c'était truc ?". Et puis là, ce jour là, je me suis inquiété. Je l'ai sentie, et je sais que ça peut paraitre vraiment cliché et niais, mais c'est la vérité. Mon c½ur se serrait, je sentais ma vie m'échapper, je pouvais pas m'arrêter de trembler, de pleurer, et alors que personne n'était là pour me le dire, je l'ai su ; Brooke était morte.
___Ça fait un mois aujourd'hui. Un mois que ma vie s'est arrêtée. Je n'ai plus la force de me battre, je suis assaillie par les regrets, les remords. Je me la rappelle chaque seconde, elle, son odeur, son regard, ses baisers, je m'en rappelle de toutes mes forces, avec la peur que si je n'y pense pas, je pourrais oublier. Je ne vois plus personne. À part ma mère, lorsqu'elle sort titubante dans son peignoir dépareillé, les yeux gonflé et le regard fatigué pour se refaire du café ; elle a bien trop à faire avec la mort de Keith pour se soucier de moi. Et puis, il y a la plage... j'y passe un temps fou. Je m'allonge sur le sable brulant, le vent marin frappant mon visage. Plus loin, assise et les pieds dans l'eau, Peyton. Toujours seule, les yeux fermée, mais pas suffisamment pour faire barrage à ses larmes. Je la vois tout les jours. Et à chaque fois, je me dis qu'elle me manque. Qu'à deux, se serait plus facile. Parce que, lorsque Brooke est morte, nous avons perdu la même chose ; notre raison d'avancer. De vivre. Alors on survit. Seule et sans raison. On se ment en se disant que c'est pour Brooke, qu'elle n'aurait pas voulu qu'on crève pour elle. La vérité c'est qu'on est lâche, bien trop lâche pour se libérer cet enfer qui est notre quotidien. Mais il y a cette phrase, cette promesse, qui résonne dans ma tête...
Je sais pas quoi en penser...
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